Al Hoceïma, trois ans après le séisme : L'infrastructure impressionne, l'économique piétine
Le désenclavement par la route changera la donne
A quelque chose malheur est bon. Et avec une vraie volonté, les catastrophes les plus atroces peuvent servir de catalyseur pour un lendemain meilleur. Trois années après le séisme d'Al Hoceïma, la marche de la région vers le développement est plus que certaine. L'évolution de l'infrastructure, surtout routière, est à applaudir. D'autres projets foisonnent de toutes parts.
Sur le terrain, plusieurs chantiers ont été réalisés, d'autres sont en cours de réalisation ou viennent d'être lancés. Routes, assainissement liquide, éclairage public, restructuration de quartiers, aménagement de la voirie, établissements scolaires, centres de santé, projets sociaux, complexes culturels, maisons de jeunes filles ou de handicapés, la liste est assez longue. Mais, faut-il le préciser, le retard accusé par cette région a été également très important.
Le développement des infrastructures n'est pas la seule transformation dans la région. Un grand changement dans la mentalité des habitants a été également remarqué. La grande solidarité et les grandes quantités d'aides venues de tous les coins du Royaume au lendemain de la catastrophe ont renforcé les liens des habitants de cette région avec leurs frères du reste du pays, expliquent des observateurs.
Cependant, le développement économique est toujours au point mort, malgré les grandes potentialités que recèle la région. Les investissements font encore défaut. Pour certains opérateurs, le gouvernement peut aider la région à sortir de sa léthargie en lui accordant certaines facilités, notamment en matière d'impôts ou en la considérant comme une région économique spéciale pendant une certaine période. Pour le directeur du CRI, la longue période d'enclavement de la région est pour beaucoup dans ce retard au niveau économique.
L'absence d'une route digne de ce nom, ouvrant la région sur le centre du pays, entrave également l'essor économique du Rif. Même son de cloche chez le président de la commune. Selon lui, si la construction de la rocade est le chantier le plus important actuellement dans la région, l'autoroute Al Hoceïma/Fès, qui désenclavera verticalement la région, reste le meilleur projet à réaliser.
Mohamed AKISRA | LE MATIN
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